dimanche 3 mai 2026

Trois mois et poèmes de... deuil

Trois mois que notre très cher Pierre nous a quittés.

Cela me semble une éternité.

 

Aujourd'hui besoin de partager ce que j'ai écrit depuis ces trois mois.

Sur la tristesse, sur le manque, sur l'absence, sur l'espoir et la vie aussi.

Tout cela est très dur...

Beaucoup plus qu'imaginé, ou pensé "à froid" dans la maladie. 

Et en  trois mois, trois décès supplémentaires autour de moi. Age et circonstances très différentes. Proximités diverses aussi... Mais implication de toutes façons vers les vivants qui restent.

Voici chronologiquement mes "productions"; haïkus et poèmes.

 ..... .....

Envie de l'écouter

Envie de l'embrasser

Envie de l'enlacer

Envie de le lire

Envie de le lui dire.

Envie de son amour.

...

Le foyer au coeur

De la maison refroidie

Chaleur du retour

(petit séjour normand fin février)

..... 

C'est bien aujourd'hui

Que commence ma vie seule

S'adapter, l'aimer.

(quand tout le monde a quitté la maison après la cérémonie) 

...

Début de ma vie

Sans lui. Tous les jours et toutes nuits

"Toujours" prend son sens. 

...... 

Soleil mon ami,

Comme tu dissipes ma peine.

Chaleur sur mon coeur.

.......

La guitare muette

A pleuré son poète.

Mais notes revivront

....

Les liens en deux versions, deux attitudes :

Hein ?

Liens?

Frein...

Rien !!!

 

Liens ?

Mien

Tien

Bien!

Viens...

... 

Sur son urne :

De tes yeux, le bleu...

Ronde et douce comme un galet

Cocon heures ultimes.

....

Lors de ma sortie à Milly,  mi mars, je me suis garée dans une rue à sens unique. Le panneau avec cette grosse flèche blanche sur fond bleu a tout à coup fait sens pour moi... le lendemain  matin, j'ai écrit dans ce"sens"...

 

Sens unique

Sens obligatoire

Je dois avancer

Je ne peux reculer

Si ce n'est en pensées.

 

Mais je me dois d'avancer

Tout le monde va

Tout le monde vit

Dans le même sens

 

Personne ne vit à contre sens

Je pourrais m'arrêter

Stationner

Ne plus bouger

Mais le stationnement est toujours limité

Serait-il "payant" ?

Alors je me dois d'avancer

 

Sens unique

Sens obligatoire

Car derrière déjà on me suit

On me pousse

 

Au bout le carrefour..

Et des choix

Pour avancer 

Plus loin

Sens multiples

Sens obligatoires

Sens désirés 

 ......

On m'a donné un rôle

Que je n'ai pas choisi

Oui,  j'ai pris ce rôle

Mais je ne l'ai pas subi.

 

Sûrement ai je été

Maladroite parfois,

Sûrement ai je été

Impatiente souvent,

Mais on m'a donné un rôle

Que je n'avais pas choisi

Et que je n'ai pu répété

 

On dit et on en rit

"Pour le meilleur et le pire"

Mais quand le pire se vit

On se raccroche au meilleur

Quand le pire se vit

On en tire le meilleur

 

Sûrement ai je été 

Maladroite un temps

Sûrement ai je été

Impatiente un peu,

Mais aimante

Infiniment.

( Vous l'aurez compris; sur le rôle d'aidant. 

Poème que je dédie à tous les aidants. Qui font de tout coeur de leur mieux.) 

.....

Sur les photos retrouvées et "scrapbookées"

Fallait-il que tu partes

Pour ouvrir de vieilles boîtes ?

Y trouver des trésors

Sublimés par ta mort 

.....

Pierre

Mon mystère

Quelle fut ta muse

De qui as-tu suivi

Les conseils

Pour poursuivre en poésie ?

Parmi tes écrits

Je ne sais par quelles ruses

Je l'ai retrouvée

 

C'était au lycée

Elle s'appelait Geneviève.

Mais je le savais

Tu me l'avais confié...

Car c'était ton prénom préféré !

(mais je fus ensuite aussi sa muse durant plus de 50 ans...) 

.....

Son bureau se vide

Les étagères se vident

Mon coeur se remplit

( Après un deuil chacun réagit différemment pour les "objets" ayant appartenu au défunt. Malgré mon amour, j'ai eu besoin de tout retirer. Rapidement... pour la majorité de ses affaires) 

.....

Voici ceux de petits moments de grâce au printemps et ces derniers jours : 

 

Tilleul et linge

Cytise et lilas mêlés

Petit goût d'été

..... 

Vent, odeurs marines

Doux bruit de va-et-vient

Origine de vie.

..... 

Vent, rose intense

Doucement se balance,

Valérianes de l'âme

... 

Vent, pin qui murmure

Un bruit si particulier

Qu'il fait voyager.

..... 

Il y a aussi mes poèmes que j'appelle "mes poèmes de rage" qui me permettent de me "défouler" de cette douleur en écrivant au fil du stylo. Mais je les garderai pour moi.

Je termine avec un haïku écrit mi avril quand la mère de Pierre est partie le rejoindre :

Au revoir Nicole

La Mamette de nos petits

Poursuites de Vie.  

.... 

Merci de me lire

Bon dimanche à toutes 

 

 

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