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dimanche 7 novembre 2021

Privilégiée, opulente de la terre

En écho au billet d'hier de "Bonheur du jour" -clic-, qui cite Pierre Morency

« Si vous habitez une maison dont la seule fenêtre donne sur la verdure, vous êtes un être privilégié. Si, au surplus, près de cette ouverture poussent des arbres fruitiers, vous comptez parmi les opulents de la terre. Car les arbres fruitiers ne fournissent pas que des fruits, ils produisent en quelque sorte des oiseaux ! »,

voici un texte écrit, durant le confinement, sur les oiseaux de mon village - illustrations ICI- :

 

Oiseaux de B...........

 

Bien-sûr…  il y a toujours les moineaux.

 

Et les mésanges…

C’est déjà plus subtil :

La mésange bleue,

La mésange charbonnière.

Et leurs divers chants :

Le titinement, le zinzinulement…

Les merles qui vont s’abattre sur notre cerisier dans quelques semaines

Et qui sifflent de bon train,

Dès le matin.

Les rossignols, les derniers seigneurs, le soir,

A la cime du plus haut des arbres

Du voisinage,

Face au soleil qui se couche.

Les pies

Si reconnaissables

Et si  peu discrètes…

Faut dire qu’elles agassent, bavardent, cajolent,

Jacassent ou jasent.

Rien que çà ?

Les coucous que l’on entend de plus en plus

(Justement un se met à chanter juste quand j’écris son nom,

Un remerciement ?)

Le pivert qui cogne le bois des arbres

Toujours dans le lointain.

Les tourterelles,

Grises demoiselles,

Qui me ramènent aux vacances

De mon enfance.

Et la nuit

En cas d’insomnie,

Il y a les chouettes.

Plusieurs sortes de chouettes …

Mais je ne suis pas assez experte !

 

Plus d’avions,

Mais de nouveaux compagnons…

 

De nouveaux sons.

De nouveaux horizons.

De nouvelles chansons…

 

Joëlle, 27 avril 2020, à 6h15

lundi 25 octobre 2021

Texte sans lettre "e"

 Un exercice de style... un challenge...

Faire un texte cohérent, sans utiliser la lettre "e".

A la manière de Georges Pérec.

Sans mon Mas

Il l’a fait ! La maison, mon nid, son port, finis !!!  Arnaud l’a fait, sans aucun frisson. Proposition sur trottoir ;  information pour quidams : maison à … mot tabou.

Parfait !  

Mais a-t-on pris mon avis ?  

Youpi, diront d’aucuns, partir mais …  on part ou on fuit ? Où partirons-nous ? A Paris, à Toulon, à Dijon ? Toujours l’inconnu, grand inconnu toujours. Son cap, l’inconnu. Vilain Janus ! Vilain Arnaud.

Mon cousin Marius, son ami Gaston ont fui nos champs, nos bois. Cinq ans, il y a cinq ans plus ou moins. Car plus aucun canard, plus aucun papillon autour du « Mas Gabin » .Mais crapauds, souris font du potin, la nuit surtout. 

Tantôt, Barbara, Maud, Augusta, iront loin aussi ; loin du « Mas Gabin ». Doux parcours commun ici, mais là, il doit finir.

Au jardin, mon banc dit « aux mots doux » vaut, pour moi, son quintal d’or. D’or mais aussi d’amour pour mon sort, mon mauvais sort aujourd’hui, mon port, ma mort…

Dans la cour, voilà Arnaud. Vilain Janus. Vilain Arnaud. Il sort, il court mais surtout il part dans son auto sans moi. Pour moi, dans la maison, sans lui, un long couloir. Puis un salon aux lourds sofas, aux grands tapis. 

Sans lui. Nuits sans lui, jours sans lui… puis plus tard… sans mon Mas….  

Sur nos draps blancs, il a pris son coussin coloris rubis, cousu point à point il y a dix-huit ans. Dans mon lit clos, on y dormait parfois, on y lisait surtout… Valait-il tous nos soucis d’avant ?

Voilà la nuit sans cris. Puis matin moins doux, plus frais ou moins froid, plus parfait ? Chut… Voilà qu’on bat fort du tambourin sur toits. Mauvais, mauvais sur nos toits. « Mas Gabin », mon « mas Gabin », sois fort. Fais un dos rond aux flots tombant du haut.

Arnaud, il part..  Mais plus tard, un soir, aura-t-il toujours grand faim ? Il a surtout faim d’horizons. 

Pas du pain, pas du chocolat, pas du Mas. Mais s’il a tant faim un jour, pourrait-il courir dans mon attraction, mon giron. Son azimut, son nord, Ingrid… moi. Oui, mais aura-t-il toujours grand faim ?

 « As-tu faim ? il y a du pain », disait Victoria, au four, au moulin, toujours. Traditions de Victoria :  lundi, un bon canard rôti, mardi lapin ! Pas original. Mais vins fins toujours. L’Arbois du Jura, Banyuls du Roussillon.

Faim, fin. Sortir sans trauma ? Oui ou non ? Aucun individu n’y survivrait, n'y survivra… ni toi Arnaud , ni moi Ingrid.

Ni lui… mon Mas.